Vendredi, samedi, dimanche 19, 20, 21 12 08 « Eugène Delacroix aimait tout, savait tout peindre et savait goûter tous les genres de talents ».

Publié le par Francois-Bhavsar








 « Eugène Delacroix aimait tout, savait tout peindre et savait goûter tous les genres de talents ».

Baudelaire.











Vendredi 19




Bon, c'est pas qu'j'vais torcher le machin, mais y'a du taffe et faut avancer, fiston.


Méditation aquarellée dans un trou d'eau de la forêt,
Dieu que j'aime ces quelques instants.




Forêt de Sénart  21x30  19 12 08



Au chaud je continue la fauconnerie,




Crayon et lavis  65X50

Je m'aperçois que mon cheval est à la longe et non pas harnaché pour être monté.

Merde, c'est vraiment une fauconnerie (hum).



Je reprend ma nature morte des fruits rouges :









Lui rajouterai probablement une tâche blanche sur la droite, genre :



pour équilibrer avec la coupe blanche à gauche,
 et ça amènera en plus un décalage subtil.







samedi 21

Le matin course-à-pied avec le corniaud :









Puis à l'atelier où j'ébauche un petit tableau
reprenant le motif du verre avec les framboises.











J'comprends pas, personne n'aime ma casquette dans la famille.









Le soir, défouloir avec les potes.



Bon, là c'est l'échauffement :




ça y est ça chauffe :










Dimanche 21





VTT culturel sous la houlette vive et intelligente de Fréderic  :



Carte établie par Frédéric (admirez le boulot)

Nous faisons la tournée Delacroix, qui a vécu de l'autre côté de la forêt de Sénart.

 Putain, ma forêt et le peintre de mes 20 ans
dont, étudiant aux Beaux-Arts je copiais les tableaux et lisais le journal,
sans imaginer que, etc, etc.



Encre et lavis  21X30  21 12 08




Chêne d'Antin, enfin ce qu'il en reste (au centre, bon, pour l'observation des branches, on repassera.),
Chêne Prieur remplacé par fiston pré-pubère (à droite),
le vieux tout cacochine a vu Delacroix (à gauche).



... puis le chemin direct de Mainville à Champrosay en passant par le chêne d’Antin. J’ai beaucoup étudié les feuillages des arbres en revenant ...Cette étude des arbres de ma route m’a aidé à remonter le tableau des Tueurs de Lions. »




 « Une délicieuse promenade du matin par le plus beau temps du monde vers Draveil...jusqu’au chêne d’Antin. J’y ai fait deux ou trois croquis pour me rendre compte de la distribution des branches ;[1]» Plus tard « Arrivé au chêne d’Antin. En présence de ce bel arbre si bien proportionné...il paraît d’une grandeur ordinaire. Si je me place sous ses branches... je suis étonné de la grandeur de ses détails : en un mot, je le trouve grand et même effrayant de grandeur.»[2]
Delacroix



[1] Journal 3 mai 1850

[2] Journal 9 mai 1853







F. l'âme de cette Delacroix-cup.






Reste de la Ferme de l'Hotel-Dieu

En ce mois de juin 1844, sa première résidence est composée de quelques pièces sous-louées[1] dans la ferme de l’Hôtel-Dieu,[2] à Champrosay. Le peintre semble satisfait de sa décision « Ce pays est vraiment très joli et je crois que ces petits séjours me feront grand bien »[3].



[1] Le fermier était Pierre-Marie Candas, devenu maire de Draveil de 1862à 1863

[2] La ferme construite au XIIIè siècle a appartenu à L’Hôtel-Dieu de Paris , grand hôpital près de la cathédrale  Notre-Dame jusqu’à la Révolution et passée ensuite à l’Assistance Publique .

[3] Lettre à Joséphine de Forget sa cousine et maïtresse ; 8 juilllet 1844






Chapelle Sainte Héléne et maison Quantinet

Cette même année, il fait la connaissance d’une voisine Mme Quantinet[1]par l’intermédiaire du peintre Jules Dupré[2] qui se rend chez elle « une personne très aimable ...son mari et elle font de la musique. Adorable sonate de Beethoven. Ils ont voulu absolument me retenir à dîner et j’y ai passé la soirée.... Une autre fois, elle lui lit des passages d’Adolphe de Benjamin Constant  comme « l’indépendance a pour conséquence l’isolement » ce qui l’entraîne dans une réflexion sur sa propre vie. Par la fenêtre de leur bibliothèque, il est sensible à « la vue enchanteresse des deux parties intéressantes vers le couchant et vers le levant ». Plus tard, en 1854, « en allant acheter des cigares, j’ai trouvé chez l’épicier le pauvre Quantinet » que l’épouse venait de quitter; « j’ai été embarrassé. Le pauvre homme est venu se consoler de ses ennuis... avec une créature pour l’aider à conjurer ses souvenirs ».Hélène Quantinet demandera pardon et reviendra au domicile conjugal pour y mourir quelques temps après. Inconsolable, et pour concrétiser son pardon, Napoléon Quantinet fera construire une chapelle sous le vocable de Sainte Hélène qu’il donnera à la commune en 1866. Ce drame sera repris, adapté et élargi trente après par Alphonse Daudet dans son dernier roman « la Petite Paroisse 



[1] Hélène Quantinet, épouse de Napoléon Quantinet

[2] Peintre paysagiste (1811- 1889).





L'époque change : ce n'est plus Delacroix qui admire la Seine depuis la bibliothèque, c'est une chèvre
et la maison a l'air effectivement d'une étable.




Puis là :



c'est la turne à Gégéne,
Je suis ému aux larmes.
(photo prise par-dessus le mur, Fréderic me faisant la courte échelle)



En 1852, il change de logement et  loue une maison[1]qu’il achètera en 1858 à M.Rabier, puis léguera à son cousin Léon Riesener [2](1808- 1878 ), peintre également. « Mon acquisition ne me ruinera pas et elle a pour moi une foule d’avantages dont le premier est de me donner la santé ».



[1] Au 11 de l’ancienne Grand-rue ou rue de Champrosay à Soisy, devenue rue Alphonse Daudet

[2] Sa grand-mère maternelle eut de son premier mari, le grand ébéniste J.F.Oeben , une fille Victoire, mère d’Eugène. Veuve, elle se remaria avec J.H. Riesener, ébéniste renommé dont elle eut un fils Henri François , peintre, oncle de Delacroix et père de Léon.





« J’ai le faste et l’étalage en horreur. J’aime les vieilles maisons, les meubles antiques...je veux que le lieu que j’habite me parle de ce qu’il a vu, de ce qu’il a été... Je serais moins heureux d’être le maître d’un grand château où je m’ennuierais...Ceux qui n’aiment pas la solitude ne peuvent sentir le plaisir que j’éprouve à être roi dans une bicoque »













Son voisin Alphonse Daudet n'a pas ces états d'âme :
cossue la chaumine.




Bicoque à l'Alphonse.


Puis l'Ermitage, où Nadar photographie Delacroix.


Hum, bel atelier, je rêve quand j'y passe en VTT ou en courant.

"...Quant à ses promenades quotidiennes, dans la campagne, en forêt, vers Soisy, Draveil ou l’Ermitage, il les fait seul ou en compagnie de Jenny[1] sa gouvernante toute dévouée qui veille à sa santé, à sa tranquillité..."



[1] Jenny Le Guillou, bretonne d’origine modeste entrée au service de Delacroix en 1835










Au chêne prieur ou plutôt son très jeune fils.








Bon, c'est pas que je m'emmerde mais j'ai 5 ou 6 siestes à faire.
Salut les pandas.



 

Et un grand merci au grand coeur de Frédéric
et sa magnifique organisation
.


Pis, comme j'suis un mec sympa, v'là de quoi vous tuer les yeux sur des tableaux de Delacroix
peint à Champrosay et dans la Forêt de Sénart :































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Pascal 14/09/2020 14:21

La maison de Quantinet n'est plus depuis fort longtemps. L'emplacement indiqué est erroné. l'emplacement exact était sur la propriété Kermina (actuel groupe hospitalier des Cheminots).

FORT 05/10/2016 19:47

Sous des airs un tantinet blasés et indifférents et même grossiers (pourquoi ? est-ce bien nécessaire ? ) je sens quelqu'un sensible à la nature, à l'art (tout au moins celui de Delacroix ) ,au patrimoine, bref un "honnête homme" comme on disait au XVIIè siècle ...comment dire au XXI ème ? Je pensais que la maison de Napoléon Quantinet n'existait plus ... Est-ce bien cette pauvre maison "au bord du grand chemin" dont parle Daudet dans "La petite Paroisse" et qui n'est plus entretenue?

Francois-Bhavsar 10/10/2016 10:39

Oui, il s'agit bien de cette maison. Le long de cette route il y eu une partie de la "gentry" artiste parisienne qui s'édifia de belles maisons et qui avaient plaisir à se recevoir. Le journal de Delacroix, et les écrits de Daudet s'en font l'écho. La chapelle dédiée par monsieur Quantinet à son épouse est toujours là aussi, mais bien mal mise en valeur...
Quant à votre appréciation du ton, vous avez parfaitement raison, à tel point d'ailleurs que j'ai infléchi depuis quelque temps le caractère et l'écriture de mes articles.
A tout hasard, j'expose à Paris les 24, 25, 26 et 27 novembre à l'Espace Champerret, Porte Champerret à Paris. Je serais heureux de vous y rencontrer.
Bien à Vous.
François Bhavsar